Textes
Nishioka Tsuneo Sensei
        Note Liminaire et Avertissement concernant la Rubrique « Expressions Personnelles » 
 
La présente rubrique « Expressions Personnelles » regroupe différentes contributions personnelles, qui proviennent de membres de Gi-Yô-Shin Dôjô. 
Afin d’éviter tout risque d’amalgame, cette rubrique spécifique est volontairement présentée à part des textes « de fond » traitant de nos disciplines martiales (Nishioka Tsuneo Sensei, Pascal Krieger Sensei), ainsi que de toutes les autres rubriques « collectives » présentes sur notre site de Gi-Yô-Shin Dôjô.
Il s’agit bien ici d’une sorte de « Tribune libre », permettant à un membre de Gi-Yô-Shin Dôjô de « partager » sur un sujet particulier qui lui tient à coeur. en lien avec nos disciplines.  
Ce partage-plaisir pourra alors prendre toutes sortes de formes écrites, essai, réflexion, retour d’expérience personnelle, poème, haiku, dessin humoristique, etc.  
Chaque contribution personnelle n’engage ainsi que son auteur.

Pascal Krieger Sensei
Loris Petris
Jacky ou l'Aventure des sceaux
Expressions personnelles
Comment c'est arrivé ?
Tout a commencé avec le plaisir qu'a Jacky d'offrir les calligraphies qu'il réalise sur les thèmes des stages de notre groupe du Sud... Et c'est plus beau paraphé avec un sceau...ou deux, l'un en creux, l'autre en relief !
Au quotidien, Jacky, artisan de son métier, privilégie la réalisation personnelle quand c'est possible et il n'hésite pas à repousser les limites du possible... De là à s'atteler très sérieusement à la gravure de nos sceaux personnels afin d'en signer nos Tempyo, il n'y avait qu'un pas, vite sauté ! La suite vient naturellement...
Lorsque notre association niçoise, « Gi Yô Shin Dôjô » a soufflé sa deuxième bougie au cours d'une assemblée générale festive et gastronomique, il a annoncé que la facture des sceaux de calligraphie, c'était son affaire, ce qui a immédiatement soulevé l'intérêt légitime du bureau et des adhérents. Il était plébiscité pour confectionner le sceau de notre Dôjô !
Comment ça s'est passé ?
Ce fut le début d'une réflexion au cœur du sujet. Gi Yô Shin Dôjô, « La technique enrichit le cœur et l'esprit », comporte pas moins de cinq Kanji à caser, harmonieusement s'il vous plaît, dans un carré de 3cm/3.
Généralement, c'est le style sigillaire, le Tensho, qui est privilégié pour les sceaux. Jacky l'a choisi pour notre Dôjô et il commence sa recherche dans des dictionnaires de styles japonais. Une fois ses idéogrammes 
préférés sélectionnés, il les trace et les retrace, les 
« met en forme » dans leur espace minimaliste. C'est une gestation !... 
Ensuite, il y a la pierre, la stéatite ou pierre à savon, tendre, qu'il est nécessaire de bien choisir dans un bloc assez compact ne risquant pas de se fendre pendant le travail. Puis, viennent la découpe à la scie à ruban et le ponçage avec des toiles de plus en plus fines jusqu'à obtenir la douceur de la soie. La taille du sceau sera adaptée au contenu.
La pierre sera calée dans un étau à sceaux lui même inséré dans un socle en bois.
C'est à ce stade qu'intervient le transfert du modèle à l'envers sur la pierre au feutre très fin et doux. Chaussé de ses lunettes de bijoutier, Jacky commence à évider la matière tout 
autour du sujet puisqu'il a choisi de réaliser le sceau en relief, option la plus délicate. Qu'à cela ne tienne, même pas peur, c'est une gageure ! 
Il utilise des gravelets très fins pour entailler la matière avec patience, endurance et détermination...
Entre temps, il y aura des échanges avec les membres du bureau, histoire de partager, d'être en phase, comme on le fait pour tous nos projets associatifs, c'est notre façon d'aller de l'avant en coopération.
Après plusieurs « brouillons », la miniature voit le jour, correspondant enfin aux exigences de son pointilleux créateur. Il la regarde, la tourne et la retourne ... histoire de continuer encore un peu l'aventure et de proposer un bel objet qu'on a plaisir à tenir, il décide de l'insérer dans un logement en bois qui en facilitera le maniement, muni d'un petit couvercle protecteur. Deux essences de notre jardin seront choisies pour cette touche finale, le prunier et le noyer, l'un clair et l'autre plus sombre.
Heureux comme si c'était un cadeau pour lui, Jacky a pu enfin offrir le sceau à notre Dôjô. Il l'a remis avec joie à son président, Jean-Claude, qui, ému, a lentement effeuillé les différents emballages protecteurs de ce symbole, Gi Yô Shin Dôjô, porteur des valeurs qui nous sont chères.
Jacky, lui, a repris son gravelet pour réaliser, en style 
Sosho (une fois n'est pas coutume), le sceau d'Ishi Ka Dôjô. Actuellement, il s'attelle à un nouveau challenge avec un sceau dont une moitié sera en creux et l'autre en relief !

Affaire à suivre !
Marie Ponsot