Jôdô
Jôdô
LES KIHON
Jôdô
Revisité par Pascal Krieger
Mai 2020
        L’étude du Jô est le fil rouge qui relie chacun d’entre nous au sein de Gi-Yô-Shin Dôjô. 
       
        En effet, si l’étude d’autres disciplines martiales ou du Shodô enrichissent la plupart des membres de l’association, c’est bien la pratique du Jô qui est l’origine et qui reste l'élément commun et central à Gi-Yô-Shin Dôjô et plus largement aux différents Dôjô de notre Constellation du Sud.

        C’est au sein de la F.E.J. créée par Pascal Krieger Senseï que nous pratiquons le Jô de l’école Shintô Musô Ryû 
        Dans la langue japonaise, Kihon signifie : « base ». Et c’est bien de cela qu’il s’agit. La structure de la progression technique de Shintô Musô Ryû Jô a été élaborée à partir de ces Kihon. Ces derniers ne sont rien d’autre que des fragments de Kata. Ils sont facilement assimilables et peuvent être répétés pour la plupart, alternativement à droite et à gauche sans difficulté. Plus tard, mis bout à bout, dans un ordre différent et dans un contexte de combat, ces mouvements forment une grande partie des techniques incluses dans les 64 Kata de Shintô Musô Ryû Jô.
        Les Kihon sont au nombre de douze, les quatre premiers et le douzième se pratiquent à droite et à gauche. Ce dernier Kihon, contrairement aux quatre premiers, s’exécute d’abord à droite, puis après être revenu au point de départ, à gauche. Du cinquième au onzième, ils ne se pratiquent qu’à droite dans le cadre de la série qui nous intéresse, mais on en retrouve également à gauche dans les séries de Kata.


            Pourquoi pratiquer les Kihon ?

        Comme nous venons de le voir, ces mouvements de base se retrouvent tels quels dans les Kata. Il est donc nécessaire de parvenir à une certaine maîtrise du maniement du Jô avant d’aborder l’étude des Kata. Ces derniers comportent déjà toute une série de notions qui ne sont pas toujours faciles à assimiler, et les Kihon ne devraient plus poser de problèmes techniques à ce stade, laissant l’esprit libre pour des notions moins concrètes.

        Comme toute tradition martiale qui se respecte, Shintô Musô Ryû Jô ne comprend pas d’échauffement sous forme de gymnastique, car elle part du principe qu’un pratiquant d’une discipline classique doit être prêt à utiliser son arme à n’importe quel moment et dans n’importe quelle situation. D’autre part, l’exécution des Kihon tandoku (Kihon effectués seul) n’exige que peu d’efforts musculaires et permet un échauffement à la fois utile et intelligent.
        Chaque cours devrait débuter par les Kihon tandoku



            Le rythme

        Le rythme est très important dans la pratique des Kihon tandoku. Il est judicieux d’imposer dès le premier Kihon un rythme bien marqué et pas trop rapide de façon à ce que les pratiquants puissent vérifier à tout moment les points clés importants : espace entre les mains, hauteur de l’extrémité du Jô, angle du Jô, etc. Le rythme est ponctué par le Kiai respectif de chaque Kihon, ainsi que par les ordres du leader des Kihon : le professeur ou un élève avancé.

        Ce premier rythme (rythme Sho), avec des mouvements décomposés et précis, est le premier rythme à pratiquer pour les Kihon, dans la progression actuelle au sein de notre Ryû
        Le second rythme (rythme Chû), avec des mouvements plus fluides, est à expérimenter pour les pratiquants un peu plus avancés. C’est ce rythme Chû qui devrait être « normalement » pratiqué pour des Kihon travaillés en groupe. 
        Un troisième et dernier rythme (rythme Ku) existe. Sa pratique n’est à priori pas souhaitée pour les Kihon. 

            Les ordres

        Pour celui qui comprend le japonais, les ordres émis durant la série de Kihon peuvent lui donner l’impression de s’être fourvoyé dans un régiment de fantassins en plein exercice. Et ce n’est pas seulement une impression. En effet, Me Shimizu a élaboré une série d’ordres dans une période où il conduisait les Kihon du haut d’un podium pour les soldats de l’armée impériale japonaise stationnée en Mandchourie. Les quelques centaines de soldats évoluant alors, Jô en main, auraient créé une petite catastrophe s’ils n’avaient pas été guidés par des ordres impératifs et précis, donc plus militaires que martiaux. Jugez-en plutôt : 
Pour le premier Kihon, par exemple, la traduction des ordres est la suivante : 

Honte ni Kamae !         
Prenez la posture !
Honte uchi, Yôi !
Honte uchi (nom du premier Kihon), prêt !
Hajime !
Partez ! 
Yame !
Halte ! 
Motoe !
En position de base ! 
Maware Migi !
Demi-tour droite !
            Kihon tandoku

       Lors de cette série individuelle, soyez particulièrement attentifs aux divers points-clé. Respectez le nombre de pas corrects et efforcez-vous de travailler d’une manière simple en excluant tout mouvement superflu du corps ou de l’arme, comme les appels ou prises d’élan avant chaque mouvement. Effectuez chaque Kihon comme si c’était le premier et le dernier de votre existence, le détachant ainsi complètement du précédent. Mettez un accent particulier sur le Shisei (la posture). 
 
        Inspirez-vous de cette remarque de Me Shimizu, 9e Dan, à l’âge de 81 ans, après plus de 60 ans de Jô : « j’aimerais bien, avant de mourir, ressentir mon Honte Uchi gauche comme je ressens celui de droite. » Il y a toujours possibilité d’amélioration. 

(Extrait de «JÔDÔ la voie du bâton» de Pascal KRIEGER, 
Sedirep 
37, rue de la Belle-feuille 
92 100 Boulogne, France 
ISBN 2-9503214-0-2)
(Revisité par Pascal Krieger le 13/05/2020)